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Liberia, mars 2009

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Visite au Liberia 

7 et 8 mars 2009


« À l’occasion de la Journée internationale de la femme, à l’invitation de la présidente du Liberia, Son Excellence madame Ellen Johnson-Sirleaf, première femme à être élue chef d’État sur le continent africain, j’ai le privilège de prendre la parole à Monrovia au colloque international sur le renforcement des capacités des femmes, le développement du leadership, la paix et la sécurité internationales. Cette formidable initiative de la présidente libérienne avec le concours des plus solidaires de celle de la Finlande, Son Excellence madame Tarja Halonen, réunit de nombreux autres chefs d’État ou de gouvernement, ministres, parlementaires, ainsi que de nombreuses femmes d’action issues de la société civile, toutes générations confondues. L’occasion m’est donnée de faire part des perspectives canadiennes. Je ne cesse, en parcourant le pays, de m’entretenir avec beaucoup de femmes, de prendre note des préoccupations, des défis, des difficultés et des réalisations. Le mouvement des femmes au Canada ne baisse pas la garde et il a réussi à faire en sorte que de nombreux hommes, de nombreuses institutions soient aujourd’hui, plus que jamais, de la partie.

J’estime que même si le Canada a beaucoup fait en matière de reconnaissance des droits des femmes et ne cesse d’apporter sa voix au chapitre, notamment au sein des Nations Unies et matière de coopération, il importe d’apprendre des expériences et des pratiques menées ailleurs dans d’autres pays, d’autres cultures, par d’autres femmes partout sur la planète portées par un même sentiment d’urgence et de vigilance. Par ces temps de crise économique, ce sont les femmes et les enfants qui sont les plus touchés. Partout où la violence et la terreur l’emportent, les femmes en portent les stigmates. »

— Michaëlle Jean, le 5 mars 2009


 

À l’invitation de Son Excellence Ellen Johnson Sirleaf, présidente du Liberia, Son Excellence la très honorable Michaëlle Jean, gouverneure générale du Canada, représente le Canada au Colloque international sur le renforcement des capacités des femmes, le développement du leadership, la paix et la sécurité internationales, tenu à Monrovia, au Liberia, les 7 et 8 mars 2009.


Ce colloque international a pour objectif de renforcer les capacités des femmes afin qu’elles deviennent des leaders efficaces. Il priorise également l’établissement de réseaux à l’échelle internationale ainsi que l’échange et la mise en œuvre de pratiques exemplaires portant sur le développement des capacités économiques des femmes. Ce colloque est coprésidé par Son Excellence Ellen Johnson Sirleaf, présidente du Liberia, et Son Excellence Tarja Halonen, présidente de la Finlande.

Le 7 mars 2009, Monrovia (Liberia) — À la veille de la Journée internationale de la femme, la gouverneure générale du Canada prononce un discours sur l’importance de l’éducation et de la mobilisation des femmes pour combattre l’exclusion et l’oppression dans le cadre du Colloque international sur le renforcement des capacités des femmes, le développement du leadership, la paix et la sécurité internationales, colloque coprésidé par Son Excellence Ellen Johnson Sirleaf, présidente du Liberia, et Son Excellence Tarja Halonen, présidente de la Finlande.
 

Version abrégée du discours


« La Journée internationale de la femme est pour moi un appel à la solidarité.

Cette solidarité que la présidente du Liberia, Son Excellence Ellen Johnson-Sirleaf, première femme à la tête d’un pays africain, appelait de tous ses vœux, le 8 mars 2006, dans le cadre d’une intervention à l’UNESCO, pour renverser et démanteler les structures qui restreignent encore « le potentiel plein de ressources des femmes ».

Je suis particulièrement émue de participer, à son invitation, à cette Conférence internationale sur le renforcement des capacités des femmes, le développement du leadership, la paix et la sécurité internationales.

J’estime que ce temps que nous prenons ensemble pour réfléchir, rassembler nos idées et ébaucher des stratégies communes est inestimable.

J’estime depuis toujours que se dissocier du sort des femmes est non seulement une absence infamante de responsabilité, mais un crime injustifiable contre l’humanité.

Partout où je suis allée, à titre de gouverneur général du Canada, j’ai rencontré des femmes singulièrement remarquables et collectivement régénératrices.

J’ai tant appris d’elles.

De ces survivantes qui, comme ma grand-mère Dejanira qui s’usait les doigts à coudre des vêtements qu’elle vendait sur les trottoirs de Port-au-Prince pour envoyer ses enfants à l’école, j’ai appris que « l’éducation, c’est la liberté ».

De ces combattantes qui trouvent en elle le courage de se reconstruire après des années de violence et d’abus, j’ai appris à ne jamais baisser ni les yeux ni les bras.

De ces guérisseuses des premiers peuples d’Amérique qui pansent les blessures de l’âme, j’ai appris qu’il était possible de briser les cercles de l’exclusion et de l’oppression et de les remplacer par les cercles du partage et de la guérison.

De ces opposantes irréductibles à l’intégrisme en Algérie, j’ai appris que le combat pour la liberté n’aura de fin que lorsqu’elle sera acquise à tous. 

De ces résistantes qui, en Afghanistan, ont libéré leur tête de sous la burka et m’ont regardé droit dans les yeux, j’ai appris le pouvoir de l’indignation.

De ces audacieuses qui, au Mali, ont décrété que la pratique des mutilations génitales féminines est une violation des droits fondamentaux de la personne, j’ai appris que les traditions ne devaient pas s’exercer au détriment des uns et avec la complicité des autres.

De ces justicières qui, comme Bernadette Ntumba de la République démocratique du Congo, dénoncent les sévices graves exercés sur des filles, des sœurs et des mères, j’ai appris la démence d’ « une guerre qui finit dans le ventre des femmes ».

De ces mères dont les enfants meurent au combat, j’ai appris les mots qui disent la perte.

J’ai encore beaucoup à apprendre des femmes que je côtoie et de celles dont je suis de loin les combats, pleure les revers de fortune et partage les espoirs.

Et, de tous les espoirs, celui que je veux transmettre à ma propre fille me vient du travail des femmes qui, alors que seulement une maigre partie des ressources du  monde leur reviennent, oeuvrent sans relâche à l’amélioration des conditions de vie de chacune et de chacun.

Le travail de femmes qui mesurent leur réussite en fonction de ce qu’elles apportent et non de ce qu’elles prennent.

Donnez aux femmes les moyens d’agir et vous verrez reculer la violence, la faim, la maladie, l’analphabétisme.

Car les femmes n’oublient jamais que la vie est notre bien le plus précieux.

C’est au nom de la vie que les femmes choisissent de se mobiliser et d’agir, pour perpétuer en chacune de leurs paroles et en chacun de leurs gestes, pour leurs enfants et pour l’humanité, cette force irrépressible et irremplaçable qu’est chaque être qui souffre parfois, mais qui toujours espère. »

— Michaëlle Jean, Monrovia, Liberia, le 7 mars 2009

 

Document

Colloque international sur le renforcement des capacités des femmes,
le développement du leadership, la paix et la sécurité internationale, Monrovia, le samedi 7 mars 2009  (PDF)

 

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